 © Chef Simon
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Chef Simon, professeur de cuisine de son état, est l'auteur du site internet éponyme "Chef Simon" qui propose aux férus de cuisine de nombreuses astuces de professionnel
> Le Parcours Gourmand a pour objectif de concilier la visite d’une ville avec la découverte de la gastronomie locale et des spécialités régionales. Etes-vous sensible à cette approche culturelle ?
Avec le temps je deviens un peu plus attaché à ma région que par le passé, parce que j’y découvre plus en détail sa culture au travers de l’histoire notamment. Je n’ai cependant pas la fibre chauviniste et je réfute la notion de « terroir » particulièrement, chose que je trouve désuète et passéiste. Cependant la Région Nord fait beaucoup notamment dans la culture, l’aménagement des villes.
Il y a certes une économie terroir qui attire les nostalgies et qui évolue qui est aussi accélérée par un nombre croissant de touristes qui découvrent que notre région est riche en patrimoine culturel et historique.
> Quel regard portez-vous sur la cuisine française ? Pensez-vous que les régions ont un rôle à jouer dans la mise en valeur de notre gastronomie, que ce soit à l’échelle de notre pays ou à l’échelle mondiale ?
Je pense que la cuisine se cherche et se cherchera toujours et ce au travers des autres, grâce aux influences. La force de « l’exception » gastronomique française (dans certaines aspérités de la profession) est de s’ouvrir aux cultures et à la découverte. C’est la diversité qui a permis à la cuisine française de sortir de ses propres carcans et revendiquer une cuisine spécifiquement Française me semble être un discours inquiétant…Il suffit d’ouvrir quelques livres d’histoire bien documentés…
La cuisine française regorge de jeunes talents tous issus d’ethnies et de cultures différentes ce qui apporte relief, couleur et inventivité dans nos cuisines classiques.
Je pense que les régions dans l’état où elles se trouvent sont équitables. Avec le brassage des populations il est difficile d’affirmer qu’un terroir est perpétué au travers de ses habitants. Un « esprit » de région reste intrinsèquement dans l’esprit des gens qui habitent les régions particulières.
Je crois au contraire que ces valeurs traditionalistes volent en éclat et ouvrent l’esprit culinaire vers de nouveaux territoires et de ce fait permet une diversification novatrice. Les régionalismes amènent on le sait hélas que trop aux nationalismes exacerbés, et ça n’a jamais été positif pour les sociétés. La culture gastronomique est bien un patrimoine de l’humanité qui n’appartient pas plus à un pays, un groupe ethnique ou philosophique qu’un autre. C’est cette idéologie qui ternit, à mes yeux, le monde de la gastronomie, je veux dire de la « Gâstrômie »…
> Qu’évoque pour vous la notion de plaisir dans l’alimentation ?
Le plaisir premier de transformer la matière. Se baser sur des produits bruts, les manipuler, les transformer et les rendre bons et beaux, c’est en soi déjà un plaisir.
La notion de plaisir se conçoit de différentes manières : plaisir égoïste, plaisir partagé ou plaisir égocentrique.
Egoïste : je parviens à atteindre le plaisir du goût selon mes idées et j’y parviens avec adresse et savoir faire.
Partagé : Je parviens à transmettre ce plaisir à un plus grand nombre et cela me fait le plaisir de partager cette vision de la cuisine
Egocentrique : La fierté que l’on ressent en son for intérieur quant on maîtrise une technique neuve, quand on atteint le but fixé tant gustatif qu’esthétique.
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